WCAG : niveaux A et AA, critères bloquants

Les WCAG sont les règles internationales d'accessibilité des contenus web, publiées par le W3C. La version en vigueur est WCAG 2.2, publiée le 5 octobre 2023 et mise à jour le 12 décembre 2024. Ses critères sont classés en trois niveaux, A, AA et AAA, et c'est le niveau AA que visent les réglementations.

Un critère WCAG n'est pas une case à cocher : il décrit ce qu'un visiteur doit pouvoir faire, au clavier, avec un lecteur d'écran, avec un texte agrandi. L'audit d'accessibilité met cet usage à l'épreuve sur vos pages, au clavier et à l'écran, et nomme ce qu'il n'a pas pu vérifier.

Ce que contient WCAG 2.2

WCAG 2.2 range ses critères sous quatre principes : un contenu doit être perceptible, utilisable, compréhensible et robuste. Ces principes se déclinent en 13 règles, et chaque règle en critères de succès testables.

La version 2.2 ajoute neuf critères à la 2.1 et en retire un, devenu sans objet. Un contenu conforme à WCAG 2.2 l'est aussi aux versions 2.1 et 2.0. Le W3C précise que la version d'octobre 2023 est aussi une norme ISO, ISO/IEC 40500:2025, et recommande d'appliquer la version la plus récente.

Niveaux A et AA : ce que chacun exige

Le niveau A réunit les critères sans lesquels une partie des visiteurs ne peut pas utiliser le contenu du tout. Le niveau AA ajoute ceux qui lèvent les difficultés courantes : contraste des textes, texte agrandi, repère visible au clavier. Viser AA, c'est remplir tous les critères A et tous les critères AA.

Le niveau AAA va plus loin, et le W3C lui-même déconseille de l'exiger pour un site entier : certains contenus ne peuvent pas remplir tous ses critères.

Deux exigences de la conformité WCAG changent la lecture d'un site. Elle se juge sur des pages entières : un bandeau ou un widget exclu du contrôle empêche la page d'être conforme. Et elle se juge sur des parcours entiers : une commande n'est conforme que si chacune de ses étapes l'est, paiement compris.

Les critères qui arrêtent un visiteur

Tous les critères ne pèsent pas pareil pour celui qui visite. Certains gênent. Ceux-ci empêchent d'avancer, et ce sont ceux que l'audit met à l'épreuve en priorité.

  • Clavier (2.1.1, niveau A) : tout ce qui se fait à la souris doit pouvoir se faire au clavier. Un menu qui ne s'ouvre qu'au survol ferme la navigation à qui ne tient pas de souris.
  • Repère de focus visible (2.4.7, AA) et non masqué (2.4.11, AA, nouveau en 2.2) : au clavier, on doit voir où l'on se trouve. Un contour supprimé, ou un en-tête collant qui recouvre l'élément actif, laisse le visiteur à l'aveugle.
  • Nom, rôle et valeur (4.1.2, A) et alternatives textuelles (1.1.1, A) : un bouton fait d'une icône, sans intitulé, est annoncé « bouton » par un lecteur d'écran, et rien de plus.
  • Étiquettes des champs (3.3.2, A) : un champ dont l'intitulé n'est qu'un texte d'exemple perd son nom dès qu'on commence à écrire.
  • Contraste (1.4.3, AA) : 4,5 pour 1 entre le texte et son fond, 3 pour 1 pour les grands textes. En dessous, un texte gris clair se lit mal sur un écran en plein soleil comme avec une vue faible.
  • Redistribution (1.4.10, AA) : à 320 pixels de large, l'équivalent d'un zoom à 400 % sur un écran courant, rien ne doit disparaître et la lecture ne doit pas demander de défiler dans les deux sens.
  • Contenu au survol ou au focus (1.4.13, AA) : une infobulle ou un sous-menu doit se refermer avec la touche Échap, et rester ouvert tant qu'on le lit.
  • Contourner les blocs (2.4.1, A) : un lien d'évitement permet d'aller au contenu sans traverser tout le menu à chaque page.

Cette liste ne remplace pas le référentiel : elle dit où un visiteur reste bloqué. Chaque critère se juge dans son contexte, et une page peut remplir la lettre d'un critère sans que personne ne puisse l'utiliser.

Ce que nous relevons sur les sites audités

25 %ont une barrière d'accessibilité critique répétée sur 80 % de leurs pages ou plus

Ce pourcentage porte sur une trentaine de sites audités entre le 14 août 2026 et le 24 septembre 2026, ceux où le point a pu être vérifié. Beaucoup ont été audités parce qu'un défaut s'y voyait vite : le chiffre décrit nos audits, pas l'ensemble des sites.

Une barrière critique rend un élément inutilisable, comme un bouton sans nom ou un champ sans étiquette. Répétée sur presque toutes les pages, elle vient d'un élément qu'elles partagent : le menu, l'en-tête, le pied de page. Elle se corrige donc souvent à un seul endroit.

Ce que l'audit exerce sur vos pages

L'audit ne se contente pas de lire le code. Il fait sur la page ce qu'un visiteur ferait, et il relève ce qui se passe.

  • Le clavier, par de vraies pressions sur la touche de tabulation. Le repère de focus est mesuré sur la page : un contour peint en transparent ne se voit pas mieux qu'un contour absent.
  • Chaque menu, bouton et panneau, exercé au survol, au clic et au clavier, observés séparément : un menu qui ne s'ouvre qu'à la souris, un bouton que la touche Entrée n'active pas, un panneau qu'Échap ne referme pas, une fenêtre modale qui laisse le clavier filer derrière elle.
  • Le lien d'évitement : présent avant la navigation, et visible quand il reçoit le focus.
  • La page réduite à 320 pixels de large, puis avec un espacement du texte agrandi, pour relever ce qui disparaît ou se tronque. Et l'élément actif qu'un en-tête collant recouvre.
  • Le contraste des textes, mesuré sur la page telle qu'elle est rendue : fondus terminés, sans le voile d'un bandeau de consentement, en thème sombre quand le site en propose un, et sur l'image quand le texte est posé dessus.
  • Les intitulés que le navigateur calcule pour les liens et les boutons, ceux qu'un lecteur d'écran annonce : absents, génériques, ou identiques pour des destinations différentes.

Le rapport nomme chaque barrière, le critère WCAG concerné et les pages où elle apparaît.

Ce qu'un outil automatique ne voit pas

Le W3C le dit sans détour : les outils d'évaluation ne peuvent pas vérifier automatiquement tous les aspects de l'accessibilité, et un jugement humain reste nécessaire. Un outil conclut sur ce qu'il sait calculer. Là où il ne sait pas, il se tait, et son silence ne prouve rien.

Trois cas que nous rencontrons. Un texte blanc sur un fond semi-transparent, que le calcul ne résout pas en une couleur : aucun signalement, et pourtant le texte ne se lit pas. Une règle de focus déclarée dans la feuille de style, mais qui ne peint rien. Un menu qui s'ouvre au survol et se referme au clic : comparer la page avant et après le clic ne montre aucun changement, alors que le menu fonctionne.

C'est pour ces cas que l'audit mesure sur la page rendue et exerce les contrôles, au lieu de s'en tenir aux règles qu'un outil sait appliquer.

WCAG, RGAA et les lois : qui renvoie à quoi

Les WCAG ne sont pas une loi. Ce sont les textes nationaux et européens qui les rendent obligatoires, souvent par l'intermédiaire d'une norme. En France, le RGAA traduit les critères A et AA de WCAG 2.1 pour les organismes publics et les grandes entreprises. Le European Accessibility Act pose des exigences pour les sites qui vendent aux particuliers, et WCAG en reste la base de vérification.

Une version 3 est en préparation au W3C. C'est encore un brouillon : elle ne remplace pas WCAG 2.2, qui reste la référence à appliquer.

Ce que cette vérification ne dit pas

Une partie des critères demande un jugement humain que nous ne rendons pas : l'expérience d'un utilisateur de lecteur d'écran, l'ordre dans lequel la page se lit, une information portée par la seule couleur, les transcriptions des vidéos. Le rapport nomme ce qui n'a pas été vérifié.

Nous examinons les pages analysées, pas le site entier ni chacun de ses parcours. Le rapport ne délivre donc pas de conformité WCAG, et il n'est pas un avis juridique.

Par Quentin Mathis, Z29K · mis à jour le 28 septembre 2026

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